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Voici le début de la préface demandée au créateur de ce site, dès octobre 2011, par Jacques Schmitt, président de l’association Unir l’Europe, pour son ouvrage Construire la République européenne.

Quelle histoire ! La houle secoue toujours le navire millénaire qui cherche son pilote sur terre et qui trouve pourtant sa route au ciel d’après la ronde constellation de douze étoiles : la mer est forte, mais son équipage et son courage également. Parfois, la peur prend le dessus : sans fléchir entre les récifs et les esprits rétifs, l’aventure alors reprend, dans l’embellie de l’harmonie, par-delà le mal et la mort, vers un port de justice, vers une aurore de vie. Or c’est une vieille histoire sans fin relancée.

Quelle histoire ? Voilà trois mille ans, une princesse du Proche-Orient se serait fait enlever du rivage syro-libanais, alors appelé la Phénicie, par une étrange puissance divine, certes céleste, mais aussi terrestre et pétrie d’autant de désirs que de charmes humains : l’antique divinité nommée Jupiter ou Zeus serait venue, sous la forme d’un beau taureau clair, sur une jolie plage de Méditerranée pour emporter ensuite sur son dos, vers l’ouest, la gracieuse Europe subjuguée par autant de grandeur suave et persuasive… Mais que vient faire ce mythe ancien dans notre présent chaque jour bouleversé, voire oppressé, par d’autres soucis économiques et/ou fracas politiques ?

Ceci est une autre histoire, apparemment. Les Phéniciens sont un peuple composite, surgi à la fois du désert et de la mer, vivant dès le IIe millénaire avant notre ère juste entre deux maîtres du Croissant fertile : l’Egypte et la Mésopotamie. Nous nous en souvenons : toutes deux ont inventé l’écriture deux millénaires auparavant. Il a fallu quelques siècles et beaucoup d’entreprises ou d’entremises pour que le petit peuple phénicien combine le cunéiforme babylonien et les hiéroglyphes égyptiens, également complexes au point de n’être maniés que par une puissante caste lettrée, et seulement dans des écrits officiels, religieux, administratifs ou comptables. Mais, de même et en même temps que les Phéniciens ont fait jaillir, des milliers de signes égyptiens et mésopotamiens, vingt-deux caractères simples commençant par aleph (le taureau !), par beth (la maison…), et diffusant ainsi par le monde entier le b.a.ba qu’est l’alpha-bet, ce peuple ingénieux lança sur la vaste mer des bateaux assez agiles pour inaugurer la navigation hauturière : en souvenir seulement d’un prodigieux taureau presque oublié ?

Telle est notre histoire, en réalité ; mieux : cela fait notre histoire. Car, sans l’éclosion de la pépite phénicienne en alphabet successivement hébreu, grec, latin, arabe, cyrillique, l’Occident serait évidemment demeuré analphabète, hébété, bref : presque bête ! Et d’abord, sans les innovations techniques des Phéniciens en matière nautique, chaque peuple resterait confiné dans ses limites, ses guerres et ses œillères. Il a suffi, sur la mer et entre les terres, d’une traînée de poudre géniale aussi anonyme que révolutionnaire, certes pour développer les premières formes du commerce, mais surtout pour multiplier les rencontres, pour déployer le dialogue, pour éveiller les accords, pour féconder les projets, pour déclencher les chefs-d’œuvre, pour réunir et répartir des équipages durables sur le navire de l’histoire. D’ailleurs, le nom de la jeune Europe n’a-t-il pas changé de sens au fur et à mesure de ce qui fut d’abord sa mésaventure ? Alors qu’en Phénicie elle répondait à l’appellation du « Crépuscule », une fois arrivée à destination sur son effrayante monture d’alliage marin, céleste, humain et divin, précisément en Crète où le soleil se couche pour son peuple, Eur-Ope est devenue, aux oreilles et aux lèvres helléniques, « Vaste-Vue ». De fait, Zeus aurait vite recouvré sa splendeur et fait d’elle l’heureuse mère notamment de Minos, c’est-à-dire du roi de Crète qui, précisément grâce aux signes d’écriture accessibles à tous, instaura la première constitution : il organisait ainsi, avec et pour ses sujets, non seulement la première nation moderne, mais aussi la civilisation qui, semant dans les esprits à travers l’espace, avec toutes les chances de la clarté, les graines de la vérité, enfanta… l’Europe et la démocratie.

Ainsi commence donc la préface de l’ouvrage composé par un autre Strasbourgeois d’adoption, Jacques Schmitt : Construire la République européenne est édité par VOLTAIRE EDITIONS, et à lire dès que possible !

Plus qu’une simple coïncidence, le jeu de mots sous-tendant le titre de notre article est le signe de l’évolution et de la vocation qui portent cette Capitale européenne : car, comme le souligne en première page ci-dessus la tapisserie de Marc Petit figurant pour la municipalité, depuis 1984, le devoir de “passer d’une figure statique à la réalisation d’un rêve ouvert”, Strasbourg est au carrefour notamment de deux routes, la nautique et la “notique”, et mérite donc d’accueillir les Européens d’une manière large, humaine, hospitalière, dans le LIEU D’EUROPE qu’il nous revient de CONSTRUIRE d’abord, sans retard ni précipitation, aux portes des Institutions européennes, à l’intersection des deux Europe qui n’en sont qu’une, en vertu du seul BIEN COMMUN, autrement dit de la république, et en vue d’un unique VIVRE ENSEMBLE. C’est ce qu’essaie de prouver le produit multimédia qui s’ouvrira par un clic sur Europe et Gutenberg .

Bonne navigation !

 

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