K. D. Friedrich : Felsenlandschaft, reproduit dans le manuel de Maurice Bouchez, Bilder und Stimmen (Belin, 1964).

Quand un « Berger sur le rocher » contemple d’en haut les précipices, son chant sait vers la paix guider ses brebis sur les abysses.

Il est aussi des stalactites urbaines qui barrent et figent les cils dans la plaine.

Le gel emprisonne, mais l’appel tisonne !

Barreaux au chaud, qui de pitié sanglotent, frissonnent et grelottent.

Entre bords et décors, on jurerait des cierges lorsque vient le concierge…

Sel de déneigement, de désenclavement.

Protégeons les pas de ceux qui n’ont pas peur, qui sortent et qui portent soit des fardeaux, soit des cadeaux.

Gestes justes…

Seule la joie fait que ne choie personne au sol, mais que l’envol soit à nouveau possible dans le froid impassible.

Et geste auguste du semeur de salut par-dessus les talus.

Saisissons les calendriers et refermons les cendriers !

Des mains plurielles et fraternelles : Calendrier interreligieux de Mulhouse.

Que les visages au seuil de l’an, pour soutenir l’élan, deviennent des cordages.

Responsables et souriants, ministres des cultes en poste à Mulhouse.

Alors l’œil guérit sous la technique solidaire si des doigts clairvoyants l’opèrent :  l’amour aguerrit.

Sylvie Lander : L’OEil déchiré, Ponte Vecchio Editions, 2022.

Quand le tunnel s’ouvre, la vue se recouvre.

« Une autre aurore » à la Bernanos naît claire dans l’infiniment petit globe oculaire.

Le jour est béant d’un trésor géant !

Simple bien qu’absolu, tel jaillit le salut : dernière aquarelle du Journal de guérison rédigé-illustré par Sylvie Lander, L’Im-macula 28.02.2022-B, ici aux couleurs de l’Ukraine : en presse-papier, Pont japonais de Van Gogh.

Il est un limpide « Berger » qui certes refuse d’écrire, mais qui – perché « sur nos rochers » – nous conduit par Ses mots, nous tire du verglas et du glas, gravant sans lame d’un feu notre âme.

Canova : en marbre, un amour écrivant.

One Reply to “Quand un « Berger sur le rocher »…”

  1. Ecrire, sinon le monde se déchire ! Ou peindre malgré le déchirement d’un œil : ainsi s’en vient la persévérance de ceux qui n’ont cessé de croire au salut du monde. Il reste des lieux où l’âme rare soudainement exulte, déploie tel un chant sa fourrure pour protéger ce qu’elle aime, l’ôter de la vue du froid. Ce froid de cristal dépose de féeriques stalactites, mais au sol il dispose une fine couche de danger. Alors quelqu’un voit d’en haut celui qui réassure pour le passant un sol glissant. Les mains d’en bas qui versent le sel s’unissent mystérieusement à l’œil d’en haut qui regarde et loue cette garde de berger. Bientôt, de ce surplomb une autre main va se lever, elle va écrire ce qu’elle a vu : elle témoigne et elle rend grâce. Elle sait qu’autour d’elle, dans la même ville, des âmes luttent contre un mur de froidure, chacun avide de donner des laines à l’âme de l’autre, du frère : un prêtre, un pasteur, un diacre, un rabbin, un imam, une révérende, un adjoint… Ainsi le salut du monde et de ses brebis passe par les pieds réasssurés sur les trottoirs et conjointement par les paroles inlassablement semeuses de Vie et d’Harmonie de ceux qui savent encore prier et croire en un Sauveur, notre berger, notre refuge et rocher.

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