Eclairci(e) : volume graphique en accordéon exposé par Marion Rapp (2022) à la Bibliothèque municipale de Mulhouse, autour de La Nef des fous.

« Si les migrations n’existaient pas », écrit Mahmud Nasimi dans Un Afghan à Paris… les champignons ne seraient pas là !

Chanterelles jumelles : champignons bessons, montés des sous-bois sur nos plans de travail.

« Si les migrations n’existaient pas », le noir canal sous sa taie de terre se tairait encore, attendant l’improbable aurore espérée par l’expatrié, par Adam le futur luthier…

La Gare de Mulhouse après le réaménagement de ses abords.

Sur le flux de l’écluse, un cou de tourterelle vers le soleil se tourne en affûtant ses ailes.

Tourterelle sur le canal des Faux Remparts à Strasbourg.

Mais du casoar fier le regard change en élégant corsage le treillis du grillage.

L’oeil d’oiseau se dégage même des zoos et de leurs cages.

« Si les migrations n’existaient pas, comment un oiseau » pourrait-il chanter nos moments, quand arrive l’heure hivernale portant notre fête natale ?

Au Temple Saint-Etienne, des tours d’étoiles à Mulhouse pour préparer Noël.

Les araignées portent l’essor des signes, nos versants tissent des files de vignes : « les murs ne sont rien sans le jardin, écrit Muriel Barbery dans Une rose seule, (ni) le temps des hommes sans l’éternité du don ». Ainsi les enfants deviennent parents, et les livres nous délivrent, tandis que Michel Ocelot anime et montre les cadeaux féeriques des anges : « Dieu vous aide ! » est louange plus que supplication. Dès lors, pour princes ou Princesses, nulle fabrication ne peut naître sans la tendresse ni sans sa généreuse adresse.

Exposition à l’église Sainte-Marie de Mulhouse sur la CIMADE.

« Si les migrations n’existaient pas » sur le globe, la résurrection ne saurait d’un élan probe, matinal, magistral, attirer dans son invisible orbite les vies qui traînent au sol et palpitent.

Du retable sort un câble : le monde soudain est matin tout saint lorsqu’une profonde, ronde, auréole touche et ramène les PLANètes FOLles (ici Lune et Soleil de Fabienne Verdier font face à la crucifixion de Grünewald comme ils surmontent les calvaires médiévaux).

Dans le champ des toiles où la mort ralentit, le Chant des étoiles doucement retentit : la grange devient chapelle ar(cs-en-ciel)dente. Ainsi ne nuit plus nulle nuit, car l’amour est une spirale aspirante.

Ackerhof (« Cour champêtre ») d’Unterlinden (« Sous les tilleuls ») : COMBLes COMBLés par l’installation de Fabienne Verdier.

 

One Reply to “Si les migrations n’existaient pas…”

  1. De la part d’Anne Miguet : « Parler poétiquement des migrations semeuses de vie en cette saison des oiseaux migrateurs, qui sinon Théâme pour l’entreprendre ? Parfois un fils migre pour retrouver désir et santé de l’âme et du corps. Les oeuvres d’art ont exprimé la migration soulevante de la résurrection et l’arrachement du tombeau, et à travers ces oeuvres-phares migre au cours des siècles notre sens de la beauté… et c’est alors comme si le génie de Matthias migrait en Fabienne qui s’en inspire et le renouvelle. Il arrive aussi que la raison migre et que folie s’ensuive : quelle nef pour accueillir les fous ? Comment suivre les lignes ondulées de leur divagations mentales ? Et vous, spores des champignons, par quelle désinvolture de bec avez-vous migré à travers cieux vers de neuves terres ??? Le salut des hommes qu’on fêtera à Noël n’est-il pas à travers le verbe fait chair, le fruit élevé d’une mystérieuse migration? Alors vous tous, migrants venus mêler vos songes à nos territoires, que vos cabanes deviennent des rêves réalisés, des jumelages entre vous et nous pour de bessonnes existences mêlant nos richesses et nos rhizomes. »

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