Face à la ligne des Alpes bernoises, le Diable bleu veille au Grand Ballon.

Réalités augmentées ? Non, contraDICTION salutaire aux trop solitaires adDICTIONs ! En son geste d’ample PARabOLE, la secrète et concrète PAROLE révèle simplement la voix qui, sans artifice, sur les précipices, vibre au cœur de ce que l’on voit.

Vestige de Murbach s’ouvrant au jour comme la voile au vent : vitrail méridional des ateliers Courageux (1997).

Réalité rachetée ? Un ange musicien, réveillant les sensibles cordes qui chantent la miséricorde, nous fait doucement siens.

Ange musicien sur un battant de porte au Musée Unterlinden.

Réalité dilatée… Le monde, nous le savons, n’est point plat : un souffle invisible donne un éclat de plénitude à nos modestes vies. La faiblesse alors devient harmonie entre l’essor immense des planètes et notre mort qui halète – volète ! Dès lors, même un départ aux airs définitifs nous rend soudain plus vifs, réactifs, créatifs.

OEuvres de Fabienne Verdier exposées dans la tribune au-dessus de la Résurrection de Matthias Grünewald, dans l’église des Dominicaines au coeur du Musée Unterlinden : tels le soleil et la lune des crucifixions médiévales.

Fabienne Verdier apprit de la Chine à « ne pas se limiter à la technique. Il fallait acquérir la culture intérieure » ; elle cite aussi dans Passagère du silence la définition de l’artiste par Vassily Kandinsky : « Son œil doit être dirigé vers sa vie intérieure et son oreille tendue vers la voix de la nécessité intérieure. » Les anges musiciens, mieux que drapeaux d’anciens combattants, savent nous guider vers la lumière des douces réalités dernières et premières, vers le seuil où Tous les saints joignent aux nôtres leurs mains.

I. M. Maurice Schwing : fin de ses obsèques en l’église Saint-Fridolin de Mulhouse.

One Reply to “Réalité dilatée”

  1. Théâme une fois encore fait de nous, avec Fabienne Verdier et avec d’autres Voyants, d’autres Ecoutants, des « passagers du silence ». Dilater, telle est l’oeuvre en nous de la dilection. Telle est aussi l’oeuvre de la béatitude, avec cette joie née du rythme des huit paroles, qui toutes partent d’une réalité des plus humbles et la dilatent en la plus offerte et la plus élevée des promesses. La réalité – dit Char – ne peut être franchie que soulevée. Merveilleux soulèvement de la résurrection peinte par Matthias Grünewald. Toute vraie parole nous soulève sur « la montagne de l’âme » et dilate l’oreille – anges musiciens -, dilate la prunelle – vue des Alpes depuis le Grand Ballon -, dilate le cœur : tuyaux élevés, tel un serpent d’airain, des orgues joignant la terre et le ciel, accompagnant nos défunts des profondeurs vers la hauteur de la plus céleste réalité.

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