Au Mont Sainte-Odile, silence tranquille entre le soleil couchant et trois roses s’approchant.

Les mains sont ces membres qui donnent, qui se nouent et sans bruit résonnent: les doigts crispés de l’écrivain ne se desserrent pas en vain. Bernanos travaillé par la grâce qui ne nous lâche ni ne se lasse le savait : sans fin l’on essaie d' »accueillir ce qui est donné », brûlant de rejaillir…

Sur une ruine d’enfant, une lueur va triomphant.

Ainsi, même la face de l’ange meurtrie retrouve l’éclat orange

quand veille le Mont du haut jusques au fond.

La paroi du « roi des juifs » sur les veines de la reine Odile : chemin de croix en céramique de Léon Elchinger.

L’obscurité se cache et les nuages s’arrachent : du gond le son nous escorte par la porte, de la mort au réveil et du roc au soleil.

L’arbre de vie sculpté sur le linteau de la chapelle du tombeau de sainte Odile.

Les hôtes en haute joie tournent le front vers l’horizon.

C’est la maison de l’oraison sans frontière ni lisière.

Courses de prières, arrivez ! SOURCE DE LUMIERE, abreuvez !

Autour du porphyre, grâce à des mains amies, la chapelle Saint-Jacques revoit le jour, exhumée au-dessus de l’oubli si lourd après millénaires ou même décennies.

Lorsque le volcan se retire, restent les bosses du porphyre. Elles ont longtemps dormi : leur braise a bien refroidi. Maintenant, elles se prosternent sous l’humble haleine où rien n’est terne. Que le silence grandiose et beau ne se brise pas en morceaux, mais que la PAROLE nous ENGAGE encore plus loin que le langage. Que d’étrangers ici se croisent pour échanger sans que nul toise !

Quels tréfonds tressaillent toujours sous ces failles, sur le chemin des pèlerins ?

Ici règne en douceur l’air de la vocation : il appelle, il souffle, changeant nos vacations en demeures d’heure en heure, où grandit, pousse, adore et croît l’esprit d’enfance sous la Croix.

Charles Spindler créa pour le Mont Sainte-Odile un chemin de croix orchestrant le bois : SIMON DE CYRENE AIDE JESUS.

Il faut nous taire. Laissons-nous servir SUR CE PLATEAU PLUS QUE LE BEAU : l’esprit et l’eau, pour que la terre monte en grains de nos mains. Là s’émerveille soudain l’oreille : sur tous les tons, les hirondelles à tire-d’aile chantent le Mont.

De cette terrasse prise entre ciel et terre descendent sur la plaine des bontés qui l’éclairent.

 

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