Est-ce en l’honneur du Feuillu de Pentecôte que sont apparus sur un boulevard mulhousien ces arbres à la fois désarticulés et savamment articulés ?

Nous connaissions l’arbre de Noël ou de Pâques… Qui fait jaillir ceux-là d’un clair mystère opaque ? Et les herbes pourront-elles pousser, entre des tilleuls fraîchement plantés ?

Partout Mulhouse se pare de récentes plantations.

En tout cas, au rond-point, l’arbre aux âmes pleure ceux que le Covid prit du sein de leur demeure. Nulle fée ne peut certes les conter ; mais, dans l’invisible, sur eux sachons compter…

Rond-point mulhousien décoré en mémoire des victimes du Covid.

Dans un hall cependant, la plante verte s’abreuve de ses larmes, de ses pertes.

Dans un immeuble mulhousien.

Heureusement, parfois sur des meubles urbains s’ouvre à nous la couleur de très discrètes mains : leur sève a beau sembler artificielle et fausse, elle vient libérer l’espoir du fond des fosses.

Complément à la toute fraîche décoration de la Maison de l’Arsenal.

Une autre plante n’en finit pas de naître au fil des saisons, libre à la fenêtre.

Un palmier de Botanic vit sa verte vie.

C’est ainsi que le cœur va se changer en un courage prêt à déranger nos forteresses par sa tendresse : alors le for intérieur de chacun brille en veilleur, en une fine oreille tournée vers les merveilles.

L’envers du miroir des morts est l’endroit vif de l’essor.

Est-ce la révélation de Giono dont tout à coup nous percevons l’écho ?

Comme on s’approchait, l’arbre se mit à chanter d’une voix qui était à la fois humaine et végétale. Je vis qu’on avait asservi les deux cornes de l’arbre par la traversière d’un joug creux ; on avait tendu neuf cordes du joug au pied de l’arbre : ainsi il était devenu une lyre vivante, à la fois de l’ample vie du vent, de la sourde vie des troncs gonflés de résine et de la vie toute saignante de l’homme. Extrait du roman Le Serpent d’étoiles.

Entre la chute et le mouchoir qu’on ramasse, sur le troupeau vosgien longtemps cherché, parmi les hautes caresses du pré… clarines, pic et même cigale passent !

Parfois seulement, poursuit le romancier, au fond de l’herbe, les bêtes soupiraient toutes ensemble. Les collines faisaient silence. L’homme donnait une voix à la joie et à la tristesse du monde.

Soudain, quels accords désignent le port ? Mieux qu’un Serpent d’étoiles, le serment de la voile nous entraîne hors de nos maisons, quand des langues de flamme à foison nous mettent en branle entre nos chambranles : la langue de l’Esprit – pour que nous montions la Pente-Côte et sa limpide sente – se parle sans un cri, gonfle de foule en foule et se propage, lançant dans la houle nos équipages, sur le bois qui ne boit que l’invraisemblable harmonie et la force de vie amie.

Cet arbre de Pentecôte articulé ressemble avec ses carillons à la harpe éolienne, ou bien à la communication qui serait communion ; et si nous commencions par devenir au moins bilingues ?

4 Replies to “Arbre de Pentecôte.

  1. Tout un poème ! J’aime moi aussi prendre les arbres en photo quand ils m’interpellent et je leur donne un petit nom…

      1. C’est l’arbre de vie réalisé par les enfants d’une école primaire à St Cyr sur Loire où je fais mon habituelle retraite. Je lui ai laissé son petit nom

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