Façade peinte rue des Franciscains à Mulhouse : en haut les capitaines d’industrie, en bas Gavroche, à droite une persienne éperdument tendue vers la grâce qui ne sera jamais perdue.

In Memoriam Marie Miguet-Ollagnier qui certes cet après-midi s’est éteinte, mais dont la plume en notre mémoire tinte et dont la voix grave sait accompagner.

C’est un mur dur, la honte qui sépare irrémédiablement, qui nous aveugle diablement. L’amour sûr seul y monte, avec l’esprit enfantin et la force du matin, qui se révèlent, qui nous appellent !

Sur la même place de la rue des Franciscains, le groupe sculpté par Jean-Louis Toutain sous le titre « Sans les petites roues ».

Les petites roues et la grande vont tourner. Car sans cesse l’élan veut naître, être donné, car il suffit d’une pression délicate pour que les ailes de la confiance battent sans vouloir s’asseoir, du matin au soir. Quelle est cette gerbe d’eau stable, cette herbe qui rassure nos palpitations de guerre amère par un « sifflence » de compassion ?

Mulhouse, devant la chapelle Saint-Jean.

Les cloisons de la haine s’entrouvrent, presque humaines quand leurs moellons jouent du violon.

Tronçon d’un mur d’enceinte : appareillage mis au jour, encore rue des Franciscains.

Par un trait de génie, les murs se font solides ponts, enjambant les plaines et nos flots de peines, nous lançant vers d’immenses dons : exil et deuil se nient… Le mobilier urbain aussi devient-il saint ?

Toujours à Mulhouse, discrète ascension sur un trottoir de la rue des Trois-Rois.

Sur les humbles façades, la république a restauré ses motifs ornant des briques.

Rue de Guebwiller, les faisceaux de la République une et indivisible comme motifs décoratifs.

Soudain, sur le quai, poussent des bouquets. Rien n’hésite : tout gravite dans la cité pour l’habiter.

L’école du Quai voit lentement émerger des jardins, entre lierre, briques et lattes.

Les roses respirent à la verticale les cris de l’enfance épanouie en pétales.

Vue sur un square de Pierrefontaine.

Voici le mât pesant qui sur terre se fend pour mieux laisser passer le vent du firmament.

Crucifix remplaçant un clocher sur l’église Saints-Pierre et Paul.

Quelle coquille, entre de fermes parois pour ceux qui ne sont pas rois, déjà scintille ?

Eglise Saints-Pierre et Paul avant une quête de la Société de Saint-Vincentde-Paul : retable de Mussner (Bressanone, Italie, 1992).

D’amitié, quel quartier sent que les cœurs s’ensoleillent ? Par-dessus le pont s’élançant d’un bond, en équipe ils appareillent…

Sous les clés de saint Pierre se dessinent en miniature, quand la voile de la nef christique est carguée, cette église (avec un clocher idéal) et la résidence Pierrefontaine.

L’ASCeNSION est SCaNSION de l’union par l’indivisible, du visible par l’Invisible et de la mort qui nous mure… par un souffle d’aventure. Ecoutons encore le professeur Marie Miguet-Ollagnier commenter dans ses Mythanalyses le poète Pierre Emmanuel : « Le lien substantiel existant de tout temps entre la femme et le feu s’est sacralisé depuis que Marie, matrice et nid du Christ Phénix, est devenue la mère du genre humain ». Certaines personnes demeurent des ponts : leur esprit ne cesse de nous rendre bons.

Eglise Sainte-Marie de Mulhouse : un concert se préparait dans ce sanctuaire bien connu de Marie Miguet.

2 Replies to “Sur la peine, des ponts nous lancent vers le don.

  1. Anne en deuil parle à Théâme : « Oui, Théâme, tu le sais, il siffle à nos oreilles, le silence de celle qui vient de s’en aller de l’autre côté des choses. Il pose des murs qu’aucun Gavroche ne franchit. Contre ces barricades tu dresses des ponts, des roses dans la ville, des cerises qui vont mûrir et la force des églises et des temples de Mulhouse où longtemps résida Marie : sainte Marie, saint Jean, saints Pierre et Paul. Oui, Marie Miguet, ma maman, les connut, les fréquenta. L’esprit laïc était aussi esprit de prière. Puissent les clés de saint Pierre lui ouvrir larges les portes du paradis. Merci de lui avoir tendu la main par-dessus ce mur invisible qui sépare les vivants et les morts. Dans son livre MAIN elle disait à propos de ses petits-enfants (et chacun peut le prendre pour soi) : « Que les ancêtres leur jettent à pleines mains leurs richesses »… »

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