Gueberschwihr, salle Sainte-Cécile : prélude enfantin
au théâtre en dialecte alsacien Bàbbelèffel Théàter.

Année européenne de la Jeunesse... Ô surprise de La voir qui se presse au théâtre régional le plus traditionnel, donnant sens au « développement personnel » à travers l’énergie jaillie de l’harmonie !

Car, si « Je cours après moi », trop vite mois après mois je vieillis, je pars sans laisser de trace, bien que m’entoure et me porte la grâce… Mais heureusement, par celui qui s’exprime et chante avec allant, avec talent, notre vie se décante !

Bàbbelèffel Théàter : Véronique Jaeggy dans le rôle principal
de « D’Wohrsaawere » (« La Voyante »), pièce de Bernard Eibel.

Ne te cours donc plus après dans le vide insipide : cesse, tu t’essoufflerais. Vois plutôt l’espérance qui tout au fond s’élance. L’âme, c’est comme la santé : mieux vaut ne pas s’en occuper, mais les laisser faire merveille et se taire, ou plutôt à leur rythme danser pour – dans leur souffle – mieux avancer. Même avec la boue, l’esprit crée et joue, Rappelle-toi la joie de retrouver contre toute attente un trousseau de clés, et le plaisir de découvrir sous la dure coque du litchi cette pulpe de douceur, ou bien dans la cage qu’il disculpe l’humble soleil du physalis aux senteurs plus fortes qu’un lys.

La porte est la musique, par l’ORDRE BEAU qui tue l’imMONDE et qui nous fonde de bas en haut, vers le MONDE COSMique. Socrate savait montrer à chacun son rôle unique dans l’immense et l’Un : par l’ironie – souviens-t’en, tu l’entends -, la symphonie s’élève au corps à corps pour atteindre l’accord.

Gueberschwihr : porte de la salle Sainte-Cécile.

C’est que les chantiers de nos fresques, en dépit des maux qu’on croit anormaux, sont confiés à TOUS – et non PRESQUE :

« Nous n’irons pas au but un par un mais par deux
Nous connaissant par deux nous nous connaîtrons tous
Nous nous aimerons tous et nos enfants riront
De la légende noire où pleure un solitaire »,

affirme doucement Paul Eluard. dans Le temps déborde en 1946. Merci, Anne Miguet, de nous rappeler des lignes qui semblent s’appliquer au film de/avec Bernard Campan et Alexandre Jollien !

Chantier (du Loisum ?), en bordure de l’abbaye de Marbach.

Mais des cris et des hoquets naissent de certains projets… Quelle clarté monte d’une fosse comblée, de strates mordorées par la pierre avalées, de terrains béants sous le ciel géant ?

Eglise Sainte-Marie à Mulhouse, exposition de Lucie Larrive
et Philippe Bourdon : « Pèlerins de lumière« .

Un développement vrai défie la lumière trop crue et le miroir qui fait écran, barrière : « Cherche plus haut, écrit André Tubeuf sur le Gnôthi seauton (ou Connais-toi toi-même) dans Platon de plain-pied, si chercher est pour toi une vocation. Mais ton regard, ne le cherche pas des yeux. Tu te noierais »… « D’abord la distance, pour la réunion », pour que puisse « affleurer le plus précieux mystère, qui reste mystère », habité de « sa Lumière, qui n’éclaire pas ». L’abîme intérieur qui se dédouble et qui se trouble, l’espace extérieur, demeurent pour nous des énigmes : tour à tour étourdis, instables, interdits, partons marcher sans paradigme – mais non sans sueur – vers cette lueur.

Exposition « Pèlerins de lumière » : l’un des textes de Philippe Bourdon.

Par le « développement interpersonnel », elle tend la clef de l’horizon fraternel : « A nul chercheur sans amour, ou plus exactement qui ne cherche pas par amour de l’amour, elle n’éclairera rien. » Sachons développer notre personne en phase avec d’autres êtres, non pas jusqu’à l’extase, mais jusqu’au service du témoin et jusqu’à la synergie des soins, entre silence et connivence, au point du petit jour qui sourd à nos yeux sourds, lorsque les pas s’unissent sous l’appel qui les tisse vers le plein champ d’un nouveau chant.

« Quittons nos exils quotidiens », comme nous y invitent les créateurs Lucie Larrive et Philippe Bourdon, en « Pèlerins de lumière ».

One Reply to “Développement interpersonnel.”

  1. Développons notre personne comme d’une courbe en mathématique on cherche successivement la développée et la développante. Ne sommes-nous pas les uns dans les autres enveloppés ? Développons des ubiquités successives, allons dans d’autres peaux que les nôtres et, par amour, nous serons sauvés, car le passage par autrui est un pèlerinage de lumière : Philippe et Lucie l’ont su et nous le donnent à voir, fût-ce en ombres chinoises. Oui, allons à deux, jamais isolément : ainsi vont aussi Bernard et Alexandre. Salut à la lyre d’Orphée couronnant la porte de sainte Cécile : elle du moins ne restera pas suspendue aux saules de Babylone et, parmi toutes les langues des hommes et des anges, pourquoi ne choisirait-elle pas l’alsacien ? Oui, l’avenir de l’âme est dans les mots qui la disent : on rêve encore d’un conteur dont les mots apaisant les maux seraient ceux de la santé, cent fois perdue et retrouvée. Oui, redisons-le avec Cheng : « L’esprit se meut, l’âme s’émeut ; l’esprit raisonne, l’âme résonne ». Et, si « l’esprit communique, l’âme communie ». Merci, Théâme, pour cette intense communion inter-personnelle.

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