Photo saisie à Prague au cours du Septième Itinéraire Européen : UNIR L’EUROPE 50 ans après la répression d’un printemps.

Cinquième article : « 50 ANS : 20-21 AOÛT 1968

LES CHARS SOVIÉTIQUES ET DU PACTE DE VARSOVIE ENTRENT À PRAGUE

Des centaines de milliers de touristes l’ignorent, peu de Praguois se souviennent… MÉMOIRE EUROPÉENNE, QUAND TU NOUS QUITTES, L’HYDRE DU MAL ÉMERGE !

L’amnésie a même failli me toucher, pris dans le flot incessant de la masse des touristes qui monte et descend comme une marée du château à la place Staro en avalant tout Prague. Pourtant, voilà 50 ans, j’écoutais le poste avec mes parents au petit déjeuner quand j’ai entendu mon père dire : « Ils ont osé le faire comme à Budapest en 1956, écraser une population… »

Année de toutes les contestations sociétales et de tous les printemps libérateurs, 1968 a aussi été celle de la répression la plus froide et cynique pour le peuple tchécoslovaque. Pourtant, toute la population de Prague, les étudiants comme les générations d’avant-guerre, se sont levés et sont allés dans la rue défier les chars soviétiques. Ian Palac l’étudiant s’est immolé, plus de 100 personnes sont tuées pour l’exemple dans la foule.

C’était hier, j’avais 16 ans avec déjà une forte conscience de l’histoire européenne et de nos valeurs culturelles communes. Après l’hydre nazie, je voyais bien cette hydre totalitaire de l’URSS peser comme une masse de plomb sur l’Europe centrale. Je pensais déjà que les peuples de l’Europe centrale allaient se libérer par eux-mêmes : leur combat a duré jusqu’en 1989-1991…  L’Ukraine reste aujourd’hui en lice et résistance. 

Notre 7ème Itinéraire citoyen européen est dédié à toutes ces populations européennes qui se sont libérées, et désormais nous pouvons tous ensemble poursuivre notre œuvre : la construction démocratique d’une Europe unie et fraternelle.

Or, pendant deux jours ici, ce sont les flots décérébrés d’individus de passage photographiant de beaux bâtiments qui m’ont fait peur. Une mondialisation de carte postale ! Notre principale difficulté aura été de retrouver dans la masse les citoyens et enfants d’EUROPE.

Jacques SCHMITT

L’itinérant européen »

Mais, à travers la brume, l’arc-en-ciel se rallume.

Unir L’EUROPE, Septième itinéraire Européen : à Prague.

Sixième article : « BRATISLAVA, L’APAISANTE

AU CROISEMENT DES ITINÉRANCES

Je rêvais de revoir un jour la grande allée Hviesdoslav de Bratislava, là où en 2013 des personnes avaient dansé au milieu des panneaux d’UNIR L’EUROPE : l’endroit crée une atmosphère unique et propre à la conversation, à l’échange. J’espérais que nous pourrions nous y installer librement de la même manière ce dimanche, à l’ombre des platanes et des ormes. Ce fut le cas.

Nous nous installons soigneusement au centre de l’allée et en entourant délicatement les arbres de cordes enlaçantes pour que tout soit dans le respect du lieu. Le public slovaque pour sa promenade dominicale et les touristes pour la visite sereine de Bratislava arrivent doucement de Prague, à l’opposé toujours en frénésie.

Toutes et tous sont déjà intrigués par notre visite et ses raisons : ils ont besoin d’explication sur le fonctionnement de cet « ordre européen bruxellois » qui veut à toute force les diriger. Ce n’est pas une tendancieuse expression personnelle, c’est l’opinion générale et la plus objective dans sa formulation.

Les Français sont en assez grand nombre parmi les visiteurs, beaucoup d’Européens et de Britanniques dois-je dire, de voisins viennois et tchèques en balade, tous aussi très intrigués par le « message européen et citoyen » de Strasbourg.

Quand nous sommes en pleine discussion sur le fonctionnement de l’Union européenne, s’avance une jeune femme slovaque avec son compagnon bulgare. Elle est de la Commission européenne, à la direction Data-Communication, stratégique et directement rattachée à la Présidence. Elle sourit sans mot dire à notre explication du fonctionnement actuel de l’UE et trouve superbe cette sensibilisation citoyenne, car elle avait l’impression qu’en fait les « gens » ne s’intéressaient pas à l’Europe. A quelle EUROPE et pour quelle EUROPE ? Elle est impatiente de pouvoir parler de cette rencontre à son groupe. Nous l’alimentons en documentation sur STRASBOURG, l’Européenne, et en carnets citoyens européens : nous jouons le centre d’information européen dans le « sens » citoyen !

Pour le reste, les photos rendront compte, à travers les personnes, de l’humanité des contacts à Bratislava.

LES ITINÉRANCES INCROYABLES

Première rencontre, le matin. Au camping Zlate Pieski, ce sont Eline et Marion venant de Dijon et Lyon par le train. Eline a gagné un « pass » interrail d’un mois pour deux personnes sur internet et elle a convaincu sa cousine Marion de l’accompagner. Une simple tente sur les épaules, et elles sont parties pour traverser l’Europe en train et à pied. Etudiantes passant en 2ème année, en kiné ou dans un autre domaine de la santé.

Et voici les grands découvreurs « à vélo » des cultures du monde, Camille et sa compagne. Ils vont en Inde et sont partis de Belgique et de France. Ils traverseront l’Eurasie à la manière de Marco Polo et de ses oncles, mais sans esprit marchand, avec l’idée de rencontrer des groupes humains, de partager leur façon de vivre et notamment de manger : ils aiment ce qu’ils appellent les « goûts de la vie ». Devant eux encore 13.000 kilomètres environ, car ils vont selon les possibilités prendre les routes qui s’offriront à eux.

La jeunesse européenne d’aujourd’hui actualise par son propre vécu les valeurs que portent notre culture : son sens de l’ouverture nous pousse vers l’avant, pour aller au-delà de nous-mêmes, de notre propre éphémère voyage sur la planète de l’humanité, vers son indicible et universelle éternité.

Jacques SCHMITT

L’itinérant européen parmi tant d’autres. »

UNIR L’EUROPE, Septième Itinéraire Européen : des cercles qui tournent bien à Bratislava.

Septième article : « VIENNE, CAPITALE D’UN TOURISME CHIC

ET CITOYENS SOUS SURVEILLANCE

La douce WIEN de la belle époque n’est plus qu’un souvenir ; celle de ma jeunesse que j’ai découverte en 1970 n’est plus qu’un mirage que je savais déjà à l’époque idéalisé.

Ici, le refus de la ville de Vienne de nous accueillir un peu officiellement a été clair et confirmé. Pour le principe, j’avais alors décidé de frapper à la plus haute porte, celle du Président Alexander Van der Bellen, qui a bien voulu comprendre et me répondre. Ce courrier officiel sera notre laissez-passer pour nous installer à l’entrée du Prater : les différents agents seront bien embêtés avec ce document à l’en-tête de la Présidence.

Ce n’est pas la même chose pour deux Ghanéens installés sur un banc à proximité et immédiatement contrôlés sévèrement, comme d’ailleurs 3 jeunes assis à proximité de nos panneaux. La police et la sécurité sont partout présentes, en permanence.

Au Prater, les « gens » doivent pouvoir penser à la fête foraine, à s’amuser et à rien d’autre. Le touriste de masse est engagé à faire du manège en toute tranquillité. Quant au tourisme « chic », WIEN en est devenue la capitale. Les grandes avenues du centre comme la Kärntnerstrasse sont bondées de touristes habillés en marque de luxe qui achètent des déclinaisons de tous produits dérivés de Klimt, Mozart ou Sissi… La ville est un ensemble architectural baroque voué au luxe et aux marques, les citoyens « normaux » semblent être là pour quelques heures au travail, les « non-conformes » sont bannis ou cachés.

Les amies viennoises que nous avons prévu de rencontrer sont aussi des « privilégiées », l’une travaille à l’Agence atomique dont le siège est à Vienne et l’autre à l’hôpital en rééducation du cerveau. Elles ne se rendent pas compte comme nous qu’elles vivent dans une cité « surprotégée ».

Vienne aurait-elle maintenant à nouveau les idées courtes ou « kurz » ? Il ne faut pas oublier que la Vienne « de la réaction monarchique » a plusieurs fois réprimé dans le sang sa population au XIXème siècle, rejetant toutes les avancées nationales, libérales et républicaines, relents de la Révolution française et de l’aventure napoléonienne. Elle a même fait exécuter les meneurs de la « 1ère République allemande » proclamée à Frankfurt en 1848.

Pourquoi écrire tout cela ? Parce que Vienne est à la fois une vieille riche bourgeoise qui craint pour sa fortune, et une jeune femme boulimique d’achats branchés, qui fait chauffer de boutiques en bars sa carte de crédit. Vienne européenne encore ou globalisée déjà ?

L’EUROPE est en train de devenir la plus grande « marque culturelle » du monde : est-ce que cela nous suffit désormais ?

Jacques SCHMITT, l’itinérant européen sceptique aujourd’hui. »

UNIR L’EUROPE, Septième Itinéraire Européen : à Zagreb.

Huitième article : « ZAGREB, VILLE DE CONSTRASTES ENTRE PASSÉ ET AVENIR

La Croatie est un étonnant pays. Les Croates sont dans l’ensemble des personnes fières et elles le sont par rapport à leur histoire et à leur culture, ce qui les fait apparaître aux Latins et même aux Francs comme résistantes aux rapports humains spontanés ; mais chez les jeunes l’inverse est vrai.

Ce pays aime montrer qu’il réussit. Zagreb la moderne est devenue la porte d’entrée du monde de l’économie et des affaires du pays : une allée de « buildings » jalonne sur des kilomètres l’autoroute urbaine qui entre dans la ville. Les équipes nationales de foot, de hand-ball, de basket… couvrent sur toute leur hauteur les façades en verre des tours. La Croatie se veut à cette hauteur de réussite au sein de l’Union européenne. Le vieux Zagreb à l’arrière, perché sur ses deux collines d’origine, Grad et Grich, est protégé par cette « nouvelle frontière » montrant les muscles économiques aux partenaires qui l’approchent.

Zagreb l’ancienne est donc nichée sur les hauteurs et ne reçoit plus que les touristes, en majorité européens. Visite de l’église Saint-Marc et de la cathédrale Saint-Etienne, mais nul barnum touristique ou commercial comme à Prague ou Vienne. Les contacts se font donc ici dans la cité historique avec des Zagrebois du « cru » et avec des touristes européens venus en famille, parfois en groupe, italiens proches et allemands surtout.

Nous avons posé nos affaires au-dessus de l’arrivée du funiculaire (comme à Montparnasse en tout petit) et surtout dans un « bistro original croato-portugais » : à l’enseigne de « La sorcière de Grich », et nous nouons une longue conversation avec deux jeunes femmes croates qui travaillent sur des « modèles de prévision » dans le bâtiment de la Météo nationale juste à côté. Avec plaisir, elles aimeraient venir à Strasbourg pour rencontrer l’Europe des Strasbourgeois.

Puis nous descendons vers la Cathédrale et la « grande rotonde » construite contre les fascismes à l’époque de l’unité yougoslave. La première abrite les valeurs chrétiennes du pays et s’honore des visites papales jusqu’à Benoît XVI ; la seconde accueille des expositions artistiques et politiques pour prévenir les nouvelles formes de totalitarismes, notamment numériques ; en ce moment « Total refusal », de plus sous la forme d’un jeu vidéo. Juste dans le « mille » de l’actualité proche et de notre possible, mais évitable, déshumanisation.

Zagreb est comme toute la Croatie : contrastée. Cette terre comme celle de la Slovénie toute proche a connu des atrocités, elle veut avec force les rendre impossibles demain. L’Europe est donc comme une thérapie naturelle puisqu’elle est à la fois son passé, son présent et son avenir.

Jacques SCHMITT

L’itinérant européen

 

Notes complémentaires : a/ LES MIGRANTS

Des journaux télévisés d’Europe centrale peu raisonnables ! Tous les jours en ouverture ou en 2ème, 3ème, un couplet sur les migrants avec souvent des prises de parole de « guignols » populistes qui crient dans les micros pour chasser les migrants. A mon avis, pas la bonne formule. Le migrant est dans ces pays comme l’animal échappé du zoo : « tout le monde en parle avec des versions différentes, mais personne ne l’a vu ! »

b/ LA HONGRIE SUR LE LAC BALATON

Les Hongrois n’ont pas la mer, mais en été ils ont le lac Balaton. De la plage familiale au « Yacht Club » très fermé, des pêcheurs matinaux à la jeune faune des bars et nights-clubs, tout y est durant tout l’été. Comme les autres. Budapest et les explosions verbales du grand Orban sont bien loin des estivants hongrois, car c’est la moitié de la Hongrie qui est au bord du lac en été.

Et je suis toujours à la recherche d’un humain qui ne serait pas de couleur « blanche » : en tout cas, ici tout le monde est « bronzé » ! »

UNIR L’EUROPE, Septième Itinéraire Européen : à Zagreb, des arcs-en-eau et une rotonde pour tenir la boussole de la démocratie.

 

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