Quand le ciné’ joue les kiné’.

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Fêtons les 25 ans d’Arte ! http://static.fnac-static.com/multimedia/FR/images_produits/FR/Fnac.com/ZoomPE/8/1/0/3453279147018/tsp20130903105542/Les-Ailes-du-desir-Blu-Ray.jpg

Il y a trente ans, la même année, sortaient des films dont le mouvement dure encore, comme une onde qui se propage pour transmettre l’impulsion dynamique : outre Le Festin de Babette évoqué récemment par Théâme, en 1987 le festival de Cannes consacra du même coup  Les Ailes du désir et Sous le soleil de Satan.

Un plan de « Sous le soleil de Satan », de M. Pialat d’après G. Bernanos, avec Gérard Depardieu, https://www.cinelounge.org/imgfull/207759.jpg

Au-delà de l’étymologie, le CINÉmatographe et la KINÉsithérapie semblent, même si toute séance nous garde immobiles, paradoxalement s’allier pour nous tenir en haleine, en état de liberté physique ou psychique, en tout cas pour renouveler radicalement le souffle, l’énergie et l’inspiration.

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Sous d’apparentes pesanteurs, mais sous une forme encore plus active, à sa manière l’EurOpe, qui reste juvénile à travers ses Larges-Vues, participe de l’essentiel entretien : en déchirant sans se lasser les nuits de l’histoire ou de l’obscurantisme, elle garde vive, et cultive, la liberté, qui ne peut être collective que par la conscience personnelle, par l’initiative réfléchie et solidaire. Des discussions matinales ont été ces derniers mois menées régulièrement, dans le cadre de l’ONG « L’Europe des Citoyens« , au Lieu d’Europe, une bourgeonnante intersection strasbourgeoise des Institutions européennes, par quatre eurodéputés, Nathalie Griesbeck, Françoise Grossetête, Édouard Martin et Michèle Rivasi : elles ont débouché sur le livre de Céline Schoen, publié au Cherche-Midi le mois dernier, L’Europe des citoyens – « Une nouvelle feuille de route politique pour l’Europe » : « Pour créer, déclare l’écologiste Michèle Rivasi, il faut se projeter, sinon on reste trop accroché au quotidien ».

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En cette fête de l’Ascension, sur le pont qui nous mène à la journée de la Communication, un tout autre livre sobre, dense et dru, presque nous délivre des mots rebattus pour qu’enfin passe un message qui jamais ne nous ménage : « Il faut intensifier l’entraînement », écrit Sandro Veronesi à propos du Christ découragé par l’inertie de ses disciples dans Selon saint Marc. Soudain visionnaire comme une caméra, la Bonne Nouvelle se mue en opéra ! Mettons-nous donc au diapason du déconcertant « finale » de cet Évangile débouchant sur le scandale de la crucifixion : « ouvert, paradoxal, bouleversant, révolutionnaire ». Ajoutons que le titre italien de l’ouvrage démarrait sur une défense de Jésus « Non dirlo » – « Ne dis rien » – fais le bien ! Sans doute est-ce la seule chance pour que la communication, pulvérisant l’odieux silence, mette en œuvre la communion et pour qu’elle nous meuve en des harmonies neuves.

« Selon saint Marc » de Sandro Veronesi : traduit par François Rosso, http://www.grasset.fr/sites/default/files/images/livres/9782246860853-001-X.jpeg

 

 

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