Strasbourg : au clocheton de Sainte-Barbe retentit l’angélus de midi.

Parfois, les cliniques nous invitent   À mastiquer un JEÛNE insolite.

C’est sûr, un jour la résurrection   Aura ce parfum de détection,

De Mozart, de fruits rouges et d’ailes   Où l’éternel été se révèle

Au seul diapason   De la guérison :

Tout en bas les poulpes   Noirs battent leur coulpe

Et laissent le pain   Orienter la faim.

Comme si l’anesthésie

-Tel un infernal Styx     Relâchant les Phénix

Débouchait sur la poésie,

En nous quelle JEUNEsse renaît    Du mal sous l’impulsion de la paix,

Lorsque l’angélus – qui s’égrène et sonne    Pour mieux nous rétablir – de joie rayonne ?

Quand bien même la violence d’un mistral   Menacerait de briser le clair cristal

Auquel croyaient ressembler nos familles,   La réconciliation couve et scintille.

Film « Avis de mistral« , https://www.amazon.fr/Avis-Mistral-Jean-Reno/dp/B00KB4523A

Il faut se déraciner dans les pleurs   Afin qu’au cœur mûrisse la SAVEUR

Qu’on croyait asphyxiée sous cent étages

Sans espoir que les souvenirs   Laissent les délices jaillir,

Mais qui refleurit en goût du partage.

Affiche du film « La Saveur des Ramen« , http://freakingeek.com/la-saveur-des-ramen-une-bande-annonce-qui-donne-faim/

Nous assimilons une chair   Qui nous fait transfigurer l’air

Non pas en un bateau de plaisance,   Mais en quelques barques de présence.

Le long de l’Ancienne Boucherie de Strasbourg devenue Musée historique : unis à bord pour remonter ensemble vers la liberté ?

Il faut laisser le vide guider   Vers la soif qui peut nous aider

À changer en pauvreté la misère,   Et l’ignorant orgueil en mystère.

Le partage de l’eau avant celui de la parole sur le jeûne, entre les théologiens Gérard Siegwalt et Marion Muller-Colard, le 4 octobre 2018 à la Médiathèque protestante de Strasbourg.

L’avidité   Doit nous quitter

Pour peu que des frères   Fraient la voie pour faire

Détaler enfin la cécité   Hors de nos prétentieuses cités.

Film « Les frères Sisters« , http://freakingeek.com/les-freres-sisters-bande-annonce-du-western-americain-de-jacques-audiard/

Car la richesse la plus sûre   N’est pas dans l’or dont le murmure

Tente de nous noyer :   Elle brille au foyer

De la SAVante tendresse   Qui réveille la JEUNEsse

Plus à la bénédiction   Qu’à l’âcre satisfaction.

En cette Saint-François, se prépare   Avec l’utile beauté d’un phare

Une nouvelle édition de LAUDATO    SI‘, que le grand Yann Arthus-Bertrand bientôt

Honorera d’une préface et puis d’images…  Puisse une frugale SAVeur nous rendre SAges.

Strasbourg : dans la rivière, paillettes de lumière.

One Reply to “La saveur du jeûne.”

  1. Les pays bas peuvent souffrir et jeûner ; mais, les hauts pays de la beauté, aucun poulpe ne peut de ses tentacules les lier et les empêcher de chanter. « La théologie est sérieuse -s’écrie Rimbaud- qui dit que le ciel est en haut et l’enfer en bas. Cauchemar, extase sommeil dans un nid de flammes »… Que « sœur Eau est belle et bleue et chaste et pure » entre ses rives de Strasbourg avec, flottant dedans, nos ondulantes sœurs les herbes. Théologie de la louange et des frères, telle fut celle de frère François, telle est celle de Marion Muller-Colard et de son confrère Gérard Siegwalt. Ici ne sont que sœurs et « sisters », ici ne sont que frères et « brothers ». Des films illustrent cette saveur à goût de mistral ou de Ramen. Oui, tout jeûne ravive le goût des essentielles saveurs. Ne craignons pas une théologie du manque, de l’échec et du handicap. Sainte Barbe peut y planter ses cloches : là on souffre, là on soigne, là on prie, là on ressuscite. Là on affronte la juste mesure de nos jours et parfois notre sœur la mort corporelle.

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