Gouttes de feu.

Le village de Soppe-le-Haut appartient, comme Lauw survolé ci-dessus, à la communauté de communes haut-rhinoise de la vallée de la Doller et du Soultzbach, https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/8/89/Mongolfi%C3%A8re_au_dessus_de_Lauw_-_panoramio.jpg/750px-Mongolfi%C3%A8re_au_dessus_de_Lauw_-_panoramio.jpg

I. M. Élisabeth Hiebel-Hueber, « partie vivement », doucement, vers Marie et la Vie en la fête de la Visitation.

Voici le feu de Pentecôte, qui porte les ballons par-dessus nos vallons : il pousse nos portes devant l’Hôte qui change la peur en vaillant sapeur, à l’image de Jean-Barthélemy Gross, prêtre. Celui-ci n’a pas su rester coi, couard, ni traître :  comment face au danger ne pas se déranger quand un criminel incendie en veut à l’hostie, à la vie ?

Stèle à la mémoire de Jean-Barthélemy Gross ; elle porte les inscriptions latines relevées par Jean Eymann et traduites ci-dessous http://www.crhf.net/fr/bases/notices/images/gross01.jpg

C’est ainsi qu’à Soppe-le-Haut, une stèle pâle proclame l’humble courage de cette âme dans un latin savant, mais beau :

Tel un nouveau Tarcisse,

Toi Jean-Barthélemy,

Bien plus souriant qu’un Narcisse,

Tu ne dors pas à demi.

À l’amour tu rends hommage   Tout autant que témoignage.

Quand se déchaîne sur le toit   La flamme trop vorace, toi,

Voyant l’hostie sainte    Sur le sol, éteinte,

Tu la saisis, tu la tiens, tu la conduis   Vers le ciel et les astres du Dieu qui luit.

 

Victime qui donnes ta vie   Pour l’hostie sacrée, infinie !

L’hostie traînant déjà mèche et frange de feu   Est sauvée par l’amour de Jean le courageux.

Son aimante personne s’écroule   En hostie sacrée que l’on foule…

Tout à coup l’hostie fait jubiler   Le cœur de Jean à moitié brûlé.

Voici qu’une double hostie habite   Le royaume du Dieu qui nous invite.

Parfois un brasier peut nous réveiller… Le FEU de Pentecôte a su délier les langues en reliant dans la foule oreilles et parlers. Depuis ce jour, l’amour suit l’Esprit qui ne tangue jamais, dont l’haleine rassemble et fait aller, de cordages en rivages, bien plus loin que la mort jusqu’à la joie du port. Car sa flamme désaltère et comme une source libère des séparations – pour peu que l’on goûte et partage ses GOUTTES – par la communion.

Dans l’assaut de l’agonie, sous les GOUTTES d’un FEU cruel, mais lumineux, dans la nuit de l’asphyxie, de l’être épuisé qui souffrit s’exhale un souffle qui sourit, telle une bougie fragile, infinie, comme un canon européen sur un poème goethéen.

Quand celui qui suffoque se plaint en disant :

« L’aide et l’espérance décidément défaillent »,

Il demeure, salutaire fidèlement,

Toujours une parole où l’amitié tressaille.

 

Premier des deux canons d’Arnold Schönberg (Paolo Fiordalice)

diffusés par Youtube : www.youtube.com/watch?v=nzy4nCTSNzs

theame
Votre nom Votre e-mail Votre site Internet